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Vénus (Venus)
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Vénus (Venus)

TORIma Académie — Planétologie

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Vénus (Venus)

Vénus est la deuxième planète après le Soleil. Semblable en taille et en masse à la Terre, Vénus n’a pas d’eau liquide et son atmosphère est bien plus épaisse et dense que cela…

Vénus, la deuxième planète après le Soleil, partage des similitudes avec la Terre en termes de taille et de masse, mais elle manque d'eau liquide et possède une atmosphère nettement plus épaisse et plus dense que tout autre corps céleste rocheux du système solaire. Composée principalement de dioxyde de carbone, son atmosphère présente une épaisse couche nuageuse d’acide sulfurique qui enveloppe la planète entière. À son niveau moyen de surface, l'atmosphère atteint une température de 737 K (464 °C ; 867 °F) et une pression 92 fois supérieure à celle de la Terre au niveau de la mer, transformant la couche atmosphérique la plus basse en un fluide supercritique. Lorsqu'elle est observée depuis la Terre, Vénus se manifeste comme un point lumineux semblable à une étoile, surpassant tous les autres objets célestes naturels en termes de luminosité. En tant que planète inférieure, elle reste constamment proche du Soleil, apparaissant soit comme la brillante « étoile du matin », soit comme « l'étoile du soir ».

Vénus est la deuxième planète après le Soleil. De taille et de masse similaires à celles de la Terre, Vénus n'a pas d'eau liquide et son atmosphère est bien plus épaisse et dense que celle de tout autre corps rocheux du système solaire. L'atmosphère est composée principalement de dioxyde de carbone et possède une épaisse couche nuageuse d'acide sulfurique qui recouvre toute la planète. Au niveau moyen de la surface, l'atmosphère atteint une température de 737 K (464 °C ; 867 °F) et une pression 92 fois supérieure à celle de la Terre au niveau de la mer, transformant la couche la plus basse de l'atmosphère en un fluide supercritique. Depuis la Terre, Vénus est visible comme un point lumineux semblable à une étoile, apparaissant plus brillant que tout autre point lumineux naturel dans le ciel, et en tant que planète inférieure, elle est toujours relativement proche du Soleil, soit comme « l'étoile du matin » la plus brillante, soit comme « l'étoile du soir ».

En raison de leurs trajectoires orbitales respectives, Vénus et la Terre se rapprochent le plus au cours de périodes synodiques de 1,6 ans. Durant ces intervalles, Vénus se rapproche plus de la Terre que toute autre planète. Pour les missions spatiales interplanétaires en provenance de la Terre, Vénus sert fréquemment de point de cheminement d'assistance gravitationnelle, facilitant des trajectoires plus rapides et plus rentables. Dépourvue de lunes, Vénus présente une rotation rétrograde exceptionnellement lente autour de son axe, un phénomène attribué à l'interaction entre le verrouillage des marées solaires et le réchauffement différentiel de son atmosphère substantielle. Par conséquent, un jour vénusien s'étend sur 116,75 jours terrestres, soit environ la moitié de la durée d'une année solaire vénusienne, qui s'étend sur 224,7 jours terrestres.

Vénus possède une faible magnétosphère qui, en l'absence de dynamo interne, est induite par l'interaction du vent solaire avec son atmosphère. À l’intérieur, Vénus est structurée avec un noyau, un manteau et une croûte. La chaleur interne se dissipe via un volcanisme actif, conduisant à un resurfaçage planétaire plutôt qu'à travers la tectonique des plaques. Au début de son histoire, Vénus aurait pu abriter de l'eau de surface liquide et un environnement potentiellement habitable, avant qu'un effet de serre incontrôlable n'ait vaporisé toute l'eau et transformé la planète dans son état actuel. Les conditions atmosphériques à des altitudes spécifiques de la couche nuageuse de Vénus sont considérées comme les plus semblables à celles de la Terre au sein du système solaire et ont été identifiées comme potentiellement propices à la vie. La découverte de biomarqueurs potentiels en 2020 a stimulé de nouvelles recherches et missions ciblant Vénus.

Historiquement, Vénus a été observée par les civilisations humaines du monde entier, acquérant par conséquent une importance culturelle significative dans de nombreuses sociétés. L'avènement des télescopes a rendu les phases de Vénus discernables et, en 1613, ces observations ont été présentées comme des preuves concluantes réfutant le modèle géocentrique dominant et justifiant le modèle héliocentrique. Le premier vol spatial interplanétaire réussi vers Vénus a eu lieu en 1961 avec Venera 1, qui a effectué un survol de la planète. Par la suite, la mission Mariner 2 en 1962 a fourni les premières données transmises depuis Vénus. En 1967, Venera 4 est devenue la première sonde interplanétaire à toucher Vénus, suivie par l'atterrisseur Venera 7 en 1970. À partir de 2025, le Solar Orbiter est en route pour un survol de Vénus prévu pour 2026. La mission suivante dont le lancement sur Vénus est prévu est le Venus Life Finder, également prévu pour 2026.

Caractéristiques physiques

Vénus est classée comme l'une des quatre planètes telluriques du système solaire, ce qui signifie qu'elle est composée d'un corps rocheux analogue à la Terre. Sa ressemblance avec la Terre en termes de taille et de masse conduit souvent à sa désignation comme planète « sœur » ou « jumelle » de la Terre. La rotation exceptionnellement lente de la planète contribue à sa morphologie presque sphérique. Avec un diamètre de 12 103,6 km (7 520,8 mi), soit seulement 638,4 km (396,7 mi) de moins que celui de la Terre, et une masse équivalente à 81,5 % de celle de la Terre, Vénus se classe au troisième rang des plus petites planètes du système solaire. Les conditions de surface de Vénus divergent radicalement de celles de la Terre, principalement en raison de son atmosphère dense, composée à 96,5 % de dioxyde de carbone et générant un effet de serre intense ; les 3,5 % restants sont majoritairement constitués d'azote. La pression de surface mesure 9,3 mégapascals (93 bars) et la température moyenne de surface atteint 737 K (464 °C ; 867 °F). Ces conditions dépassent les points critiques des deux constituants atmosphériques primaires, faisant de l'atmosphère de surface un fluide supercritique composé principalement de dioxyde de carbone supercritique et d'un peu d'azote supercritique.

Histoire naturelle

Formation

On suppose que la formation des planètes terrestres rocheuses, y compris Vénus, s'est produite en cinq étapes distinctes : le dépôt de poussière, l'accrétion planétésimale, le développement d'embryons planétaires, les impacts géants et, finalement, la formation atmosphérique. Cependant, la rareté des mesures directes de Vénus a empêché une analyse plus complète de sa chronologie précise de formation.

Futur

Il est prévu que Vénus, aux côtés de Mercure, et potentiellement de la Terre et de sa Lune, seront effacées lorsque le Soleil se transformera en étoile géante rouge dans environ sept à huit milliards d'années.

Géographie

Avant le 20ème siècle, la surface vénusienne restait largement conjecturale ; cependant, des missions de sonde ultérieures ont dévoilé ses caractéristiques. Plus précisément, les atterrisseurs Venera en 1975 et 1982 ont transmis des images représentant un terrain composé de sédiments et de formations rocheuses anguleuses. Une cartographie complète de la surface a ensuite été réalisée par Magellan en 1990-1991. Les preuves suggèrent un volcanisme répandu, avec des fluctuations du dioxyde de soufre atmosphérique pouvant indiquer une activité volcanique continue.

Environ 80 % de la surface vénusienne est constituée de plaines volcaniques lisses, en particulier 70 % caractérisées par des crêtes ridées et 10 % par des éléments lisses ou lobés. La superficie restante est constituée de deux « continents » montagneux : l’un situé dans l’hémisphère nord de la planète et l’autre juste au sud de l’équateur. La masse continentale du nord, désignée Ishtar Terra, doit son nom à Ishtar, la déesse babylonienne de l'amour, et a à peu près la taille de l'Australie. Au sein d'Ishtar Terra se trouve la chaîne de montagnes Maxwell Montes. Le continent sud, Aphrodite Terra, du nom de la déesse mythologique grecque de l'amour, représente la plus grande des deux régions montagneuses, dont la taille est à peu près comparable à celle de l'Amérique du Sud. Cette zone sud est largement marquée par un réseau de fractures et de failles.

Des observations récentes (2024) indiquent la présence de coulées de lave sur Vénus, illustrées par celles de Sif Mons, un volcan bouclier, et de Niobe Planitia, une plaine plate. Des caldeiras visibles sont également présentes. La rareté des cratères d'impact suggère un âge de surface relativement jeune, estimé entre 300 et 600 millions d'années. Au-delà des cratères d'impact, des montagnes et des vallées typiques des planètes rocheuses, Vénus présente plusieurs caractéristiques de surface distinctives. Il s'agit notamment des « farra », qui sont des structures volcaniques à sommet plat ressemblant à des crêpes, mesurant 20 à 50 km (12 à 31 mi) de diamètre et 100 à 1 000 m (330 à 3 280 pieds) de hauteur. D'autres formations uniques comprennent les « novae », qui sont des systèmes de fractures radiales en forme d'étoile ; les « arachnoïdes », caractérisées par des fractures à la fois radiales et concentriques rappelant des toiles d'araignées ; et les « couronnes », qui sont des anneaux de fracture circulaires parfois entourés d'une dépression. Tous ces traits distinctifs sont d'origine volcanique.

La majorité des éléments de surface vénusiens portent le nom de femmes historiques et mythologiques. Les exceptions notables incluent Maxwell Montes, nommé en l'honneur de James Clerk Maxwell, et les régions des hautes terres Alpha Regio, Beta Regio et Ovda Regio. Ces trois dernières caractéristiques ont reçu leur désignation avant l'adoption du système de nomenclature actuel par l'Union astronomique internationale, l'organisme faisant autorité en matière de dénomination planétaire.

La longitude des caractéristiques physiques vénusiennes est référencée par rapport à son méridien d'origine. Initialement, ce méridien traversait le point lumineux radar au centre de l'ovale Eve, situé au sud d'Alpha Regio. Après l'achèvement des missions Venera, le méridien d'origine a été rétabli pour passer par le sommet central du cratère Ariadne sur Sedna Planitia.

Les mesures effectuées par Venus Express et Magellan révèlent que les terrains de tesselles stratigraphiquement les plus anciens présentent systématiquement une émissivité thermique inférieure à celle des plaines basaltiques adjacentes. Ceci suggère une composition minérale distincte, potentiellement plus felsique. La formation d'une croûte felsique substantielle nécessite généralement la présence d'un océan d'eau et d'une tectonique des plaques, ce qui impliquerait que Vénus primitive aurait pu posséder des conditions habitables, notamment des plans d'eau importants, à un moment donné. Néanmoins, la nature précise des terrains de tesselles reste un sujet d'investigation en cours.

Des recherches publiées en 2023 ont postulé, pour la première fois, que Vénus pourrait avoir connu la tectonique des plaques au cours de son histoire ancienne. Cette activité géologique aurait pu favoriser un environnement plus habitable, potentiellement capable de soutenir la vie. Par conséquent, Vénus est devenue un sujet important pour les recherches sur l'évolution et l'habitabilité des exoplanètes semblables à la Terre.

Volcanisme

La surface vénusienne présente de nombreuses preuves de formation volcanique. Vénus possède un nombre significativement plus grand de volcans que la Terre, dont 167 grandes structures volcaniques dépassant 100 km (60 mi) de diamètre. En revanche, le seul complexe volcanique sur Terre d’échelle comparable est la grande île d’Hawaï. Plus de 85 000 volcans ont été identifiés et cartographiés sur Vénus. Cette abondance n'implique pas une activité volcanique plus élevée que celle de la Terre, mais reflète plutôt une croûte plus ancienne moins sensible aux processus d'érosion terrestre. La croûte océanique terrestre subit un recyclage continu par subduction aux limites des plaques tectoniques, âgée en moyenne d'environ 100 millions d'années, tandis que la surface vénusienne est estimée entre 300 et 600 millions d'années.

Plusieurs indicateurs suggèrent la présence d'une activité volcanique continue sur Vénus. Les concentrations de dioxyde de soufre dans la haute atmosphère de la planète ont été multipliées par dix entre 1978 et 1986, suivies d'une forte augmentation en 2006, puis d'une autre réduction par dix. Ces fluctuations impliquent que d’importantes éruptions volcaniques pourraient avoir entraîné une augmentation répétée des niveaux de dioxyde de soufre dans l’atmosphère. De plus, on a émis l’hypothèse que la foudre vénusienne proviendrait de processus volcaniques, semblables à la foudre volcanique. En janvier 2020, des astronomes ont présenté des résultats révélateurs de l'activité volcanique actuelle sur Vénus, citant spécifiquement l'identification de l'olivine, un matériau volcanique connu pour son altération rapide à la surface de la planète.

Cette activité volcanique étendue est soutenue par un intérieur planétaire chaud. Les modèles théoriques proposent que cette source de chaleur interne puisse être attribuée à des collisions énergétiques au cours de la formation initiale de la planète, parallèlement à la désintégration radioactive, similaire aux mécanismes de chauffage interne de la Terre. Les événements d'impact sur Vénus se seraient produits à des vitesses considérablement plus élevées que sur Terre. Cela est dû au mouvement orbital plus rapide de Vénus résultant de sa plus grande proximité avec le Soleil, et aux vitesses intrinsèquement élevées des objets à forte excentricité impactant la planète.

Entre 2008 et 2009, la mission Venus Express a fourni les premières preuves directes d'un volcanisme actif. Cette preuve s'est manifestée par quatre points chauds infrarouges transitoires et localisés situés dans la zone de rift de Ganis Chasma, adjacente au volcan bouclier Maat Mons. Trois de ces points chauds ont été détectés sur plusieurs orbites consécutives. Ces anomalies sont interprétées comme des indicateurs de lave récemment extrudée suite à des éruptions volcaniques. Bien que les températures précises restent indéterminées en raison de l'incapacité de mesurer les dimensions des points chauds, on estime qu'elles variaient entre 800 et 1 100 K (527 et 827 °C ; 980 et 1 520 °F), contrastant avec une température de surface typique de 740 K (467 °C ; 872 °F). En 2023, les chercheurs ont réanalysé les images topographiques de la région de Maat Mons acquises par l'orbiteur Magellan. Grâce à des simulations informatiques, ils ont identifié des altérations topographiques sur une période de 8 mois, concluant que ces changements résultaient d'un volcanisme actif.

Cratères d'impact

Environ un millier de cratères d'impact sont répartis uniformément sur la surface vénusienne. Contrairement à d’autres corps célestes cratérisés comme la Terre et la Lune, où les cratères présentent divers degrés de dégradation, les cratères vénusiens sont remarquablement bien préservés. La dégradation du cratère lunaire résulte principalement d'impacts ultérieurs, tandis que sur Terre, elle est attribuée à des processus d'érosion impliquant le vent et la pluie. Sur Vénus, environ 85 % des cratères restent en parfait état. L'abondance et l'excellent état de conservation de ces cratères suggèrent que la planète a connu un événement global de resurfaçage il y a entre 300 et 600 millions d'années, suivi d'un déclin de l'activité volcanique. Contrairement à la croûte terrestre en mouvement continu, Vénus est considérée comme incapable de soutenir des processus tectoniques de plaques analogues. Faute de tectonique des plaques pour dissiper la chaleur du manteau, Vénus subit plutôt un processus cyclique dans lequel les températures du manteau augmentent jusqu'à ce qu'un seuil critique soit atteint, affaiblissant ainsi la croûte. Par la suite, sur une période approximative de 100 millions d'années, une subduction à grande échelle se produit, conduisant à un recyclage complet de la croûte.

Les cratères d'impact vénusiens varient en diamètre de 3 à 280 km (2 à 174 mi). Les cratères de moins de 3 km sont absents, un phénomène attribué aux effets atténuants de l'atmosphère dense de la planète sur les objets extraterrestres entrants. Les objets possédant une énergie cinétique insuffisante sont considérablement ralentis par l'atmosphère, les empêchant de former des cratères d'impact. Les projectiles d'un diamètre inférieur à 50 m (160 pieds) se fragmentent et s'incinèrent généralement dans l'atmosphère avant d'atteindre la surface.

Structure interne planétaire

Les informations directes concernant la structure interne et la géochimie de Vénus ont été limitées en raison de l'absence de données de sismologie par réflexion et de connaissances précises de son moment d'inertie. Cependant, la taille et la densité comparables de Vénus et de la Terre impliquent une stratification interne similaire, comprenant un noyau, un manteau et une croûte. Compte tenu de leurs taux de refroidissement similaires, le noyau de Vénus est probablement au moins partiellement liquide, analogue à celui de la Terre, bien qu'un noyau entièrement solide reste une possibilité. En raison des dimensions légèrement plus petites de Vénus, les pressions internes dans ses profondeurs intérieures sont environ 24 % inférieures à celles de la Terre. Les modèles planétaires, utilisant les valeurs de moment d'inertie prédites, ont suggéré un rayon de noyau compris entre 2 900 et 3 450 km. Plus récemment, une estimation de 3 500 km a été dérivée du moment d'inertie, sur la base des taux de précession axiale mesurés de 2006 à 2020.

On estime que la croûte vénusienne a une épaisseur moyenne de 40 km, avec une épaisseur maximale de 65 km.

Une distinction principale entre Vénus et la Terre est l'absence de tectonique des plaques perceptible sur Vénus, potentiellement attribuable à la rigidité excessive de sa croûte, qui empêche la subduction en l'absence d'eau pour réduire la viscosité. Cette caractéristique structurelle conduit à une diminution des pertes de chaleur planétaires, empêchant le refroidissement et offrant une explication plausible de l’absence d’un champ magnétique généré en interne. À l'inverse, Vénus peut dissiper sa chaleur interne lors de resurfaçages épisodiques et à grande échelle.

Champ magnétique et noyau

En 1967, la sonde Venera 4 a détecté que Vénus possède un champ magnétique nettement plus faible que celui de la Terre. Ce champ est induit par une interaction entre l'ionosphère et le vent solaire, contrastant avec la dynamo générée en interne par la Terre. Par conséquent, la petite magnétosphère induite de Vénus offre une protection atmosphérique minimale contre le rayonnement solaire et cosmique.

L'absence d'un champ magnétique intrinsèque sur Vénus était inattendue, compte tenu de sa taille comparable à celle de la Terre et de la présomption d'une dynamo centrale. Une dynamo planétaire nécessite trois conditions fondamentales : un liquide conducteur, une rotation planétaire et une convection thermique. Bien que l'on pense que le noyau de Vénus est électriquement conducteur, et bien que sa rotation soit souvent considérée comme insuffisante, les simulations indiquent qu'il est adéquat pour la génération de dynamo. Par conséquent, l’absence de dynamo est probablement attribuable à un déficit de convection au sein du noyau de Vénus. Sur Terre, la convection dans le noyau externe liquide est provoquée par un différentiel de température important entre le bas et le haut de cette couche. Sur Vénus, un événement global de resurfaçage aurait pu mettre fin à la tectonique des plaques, entraînant une diminution du flux de chaleur à travers la croûte. Un tel effet isolant élèverait la température du manteau, réduisant ainsi le flux de chaleur provenant du noyau. Par conséquent, une géodynamo interne capable de générer un champ magnétique est absente, la chaleur du noyau contribuant plutôt au réchauffage de la croûte.

Une hypothèse postule que Vénus soit n'a pas de noyau interne solide, soit son noyau ne subit pas de refroidissement, ce qui conduit à un noyau liquide largement isotherme. Alternativement, le noyau peut avoir déjà subi une solidification complète. L'état précis du noyau dépend essentiellement de sa concentration en soufre, qui reste indéterminée.

Une autre hypothèse suggère que l'absence d'un événement d'impact significatif sur Vénus (contrairement à l'impact de formation de la Lune sur Terre) a abouti à un noyau stratifié à partir de sa formation incrémentielle, manquant ainsi des forces nécessaires pour initier ou maintenir une convection et, par conséquent, une géodynamo.

La magnétosphère ténue de Vénus facilite l'interaction directe entre le vent solaire. et sa haute atmosphère. Au sein de cette région, le rayonnement ultraviolet induit la dissociation des molécules d’eau, générant des ions hydrogène et oxygène. Le vent solaire transmet ensuite de l'énergie, accélérant certains de ces ions à des vitesses suffisantes pour échapper au champ gravitationnel de Vénus. Ce mécanisme d'érosion conduit à un épuisement continu des ions de faible masse, notamment l'hydrogène, l'hélium et l'oxygène, tandis que les molécules plus lourdes, telles que le dioxyde de carbone, sont plus facilement retenues. L'érosion atmosphérique induite par le vent solaire pourrait avoir été responsable de la perte de la majorité de l'eau de Vénus au cours de son premier milliard d'années de formation. Néanmoins, si la planète avait maintenu une dynamo pendant ses 2 à 3 premiers milliards d’années, cette perte d’eau aurait pu se produire plus récemment. Ce processus érosif a entraîné un enrichissement de 100 fois du rapport deutérium/hydrogène atmosphérique par rapport à la moyenne du système solaire.

Atmosphère et climat

L'atmosphère dense de Vénus est principalement composée de 96,5 % de dioxyde de carbone et de 3,5 % d'azote, tous deux présents sous forme de fluides supercritiques à la surface de la planète, présentant une densité 6,5 % de celle de l'eau. Des traces d'autres gaz, notamment du dioxyde de soufre, sont également présentes. L'atmosphère vénusienne possède une masse 92 fois supérieure à celle de la Terre et sa pression à la surface est environ 93 fois supérieure à celle de la Terre, ce qui équivaut à la pression ressentie à une profondeur de près de 1 km (5⁄8 mi) sous la surface de l'océan terrestre. À la surface, la densité atmosphérique est de 65 kg/m§67§ (4,1 lb/cu ft), soit 6,5 % de la densité de l'eau ou 50 fois plus dense que l'atmosphère terrestre à 293 K (20 °C ; 68 °F) au niveau de la mer. Cette atmosphère riche en CO§910§ est responsable de l'effet de serre le plus intense du système solaire, entraînant des températures de surface d'au moins 735 K (462 °C ; 864 °F). Par conséquent, la surface vénusienne est plus chaude que celle de Mercure, bien que Vénus soit presque deux fois plus éloignée du Soleil et ne reçoive qu'environ un quart de l'irradiation solaire de Mercure, qui mesure 2 600 W/m§1213§ (le double de l'irradiation terrestre). En raison de cet effet de serre incontrôlable, des scientifiques, dont Carl Sagan, ont désigné Vénus comme un objet de recherche important et un exemple édifiant concernant le changement climatique sur Terre. Ainsi, Vénus est souvent caractérisée comme une planète à effet de serre ou une planète connaissant un enfer à effet de serre.

L'atmosphère de Vénus présente une concentration plus élevée de gaz rares primordiaux que celle de la Terre, ce qui suggère une divergence évolutive précoce entre les deux planètes. Les hypothèses expliquant cet enrichissement incluent un impact cométaire exceptionnellement important ou l'accrétion d'une atmosphère primaire plus importante à partir de la nébuleuse solaire. À l'inverse, l'atmosphère vénusienne est déficiente en argon-40 radiogénique, un indicateur du dégazage du manteau, ce qui implique un arrêt précoce d'une activité magmatique significative.

La recherche indique qu'il y a des milliards d'années, l'atmosphère de Vénus aurait pu ressembler beaucoup à celle de la Terre primitive, supportant potentiellement des quantités importantes d'eau liquide à sa surface. Sur une période allant de 600 millions à plusieurs milliards d’années, la luminosité croissante du Soleil, éventuellement couplée à une importante resurfaçage volcanique, a conduit à l’évaporation de cette eau primordiale. Un effet de serre incontrôlable s'est ensuite déclenché lorsqu'une concentration critique de gaz à effet de serre, y compris de vapeur d'eau, s'est accumulée dans l'atmosphère.

En raison de l'inertie thermique et du transfert de chaleur efficace par les vents dans la basse atmosphère, la température de surface de Vénus présente une variation minime entre les hémisphères éclairés par le soleil et les hémisphères sombres, malgré la lente vitesse de rotation de la planète. Les vents de surface, bien que se déplaçant à seulement quelques kilomètres par heure, exercent une force considérable contre les obstacles et transportent de la poussière et des petites pierres sur le terrain, conséquence de la forte densité de l'atmosphère à la surface. Ces conditions à elles seules entraveraient la locomotion humaine, même sans tenir compte de la chaleur, de la pression et de l'environnement anoxique extrêmes.

Au-dessus de la couche dense de CO2, d'épais nuages ​​se trouvent entre 45 et 70 km au-dessus de la surface. Ces nuages ​​sont principalement composés d’acide sulfurique, qui se forme par une réaction catalysée par le rayonnement UV impliquant des molécules de dioxyde de soufre et de l’eau, produisant de l’acide sulfurique hydraté. De plus, les nuages ​​contiennent environ 1 % de chlorure ferrique. Les autres composants potentiels des particules nuageuses comprennent le sulfate ferrique, le chlorure d'aluminium et l'anhydride phosphorique. Les couches nuageuses à différentes altitudes présentent des compositions et des distributions granulométriques distinctes. Ces nuages ​​omniprésents enveloppent la planète entière, empêchant toute observation visuelle directe de la surface. La combinaison d'une atmosphère dense et de nuages ​​hautement réfléchissants contribue à l'albédo élevé de Vénus de 0,68, ce qui indique qu'elle reflète près de 70 % du rayonnement solaire entrant. Cette couverture nuageuse permanente fait que Vénus reçoit moins de lumière solaire à sa surface que la Terre, malgré sa plus grande proximité avec le Soleil ; seulement 10 % de la lumière solaire incidente pénètre à la surface. Par conséquent, les niveaux d'éclairage diurne moyens sur la surface sont d'environ 14 000 lux, ce qui est comparable à l'éclairage de la Terre dans des conditions diurnes nuageuses.

L'atmosphère de Vénus présente un phénomène appelé super-rotation atmosphérique, dans lequel elle tourne beaucoup plus vite que le corps solide de la planète. Ce processus génère des vents puissants, atteignant des vitesses de 300 km/h (185 mph) au sommet des nuages, qui effectuent une rotation planétaire complète en environ 4 jours terrestres. Cette vitesse de rotation atmosphérique est 60 fois supérieure à la vitesse de rotation de la planète, un contraste frappant avec la Terre, où les vents les plus forts n'atteignent que 10 à 20 % de sa vitesse de rotation.

Malgré son apparence sans relief à la lumière visible, Vénus présente des bandes ou des stries distinctes dans le spectre ultraviolet, dont l'origine reste indéterminée. Cette absorption ultraviolette pourrait être attribuée à un composé d’oxygène et de soufre, OSSO, caractérisé par une double liaison entre ses atomes de soufre et existant sous forme isomère cis et trans. Alternativement, des composés de polysoufre, allant de S2 à S8, pourraient en être responsables.

La surface de Vénus se caractérise par sa nature effectivement isotherme, maintenant une température constante dans les deux hémisphères et de l'équateur aux pôles. L'inclinaison axiale minimale de Vénus, mesurant moins de 3° par rapport aux 23° de la Terre, réduit considérablement les fluctuations saisonnières de température. L'altitude est l'une des rares variables influençant les températures vénusiennes ; plus précisément, les températures les plus basses sont observées aux altitudes les plus élevées, telles que les sommets des montagnes de la chaîne Maxwell Montes. En 1995, la sonde spatiale Magellan a capturé des images d'un matériau hautement réfléchissant au sommet des plus hauts sommets des montagnes, familièrement appelé « neige de Vénus », qui présentait une forte ressemblance avec la neige terrestre. On suppose que cette substance s'est formée selon un processus analogue à la formation de la neige sur Terre, bien qu'à des températures considérablement plus élevées. Trop volatile pour se condenser directement à la surface, elle montait à l'état gazeux vers des altitudes plus élevées et plus froides, où des précipitations pouvaient se produire. L'identité précise de ce matériau reste incertaine, bien que les hypothèses incluent le tellure élémentaire et le sulfure de plomb (galène).

Malgré l'absence de saisons sur Vénus, les astronomes ont identifié en 2019 une fluctuation cyclique de l'absorption atmosphérique de la lumière solaire. Ce phénomène est potentiellement causé par des particules opaques et absorbantes en suspension dans les couches nuageuses supérieures. Cette variation induit des altérations observables dans la vitesse des vents zonaux de Vénus et semble être en corrélation avec le cycle des taches solaires de 11 ans du Soleil.

La présence d'éclairs dans l'atmosphère vénusienne a été un sujet de débat depuis les premières détections suspectées par les sondes soviétiques Venera. Au cours de la période 2006-2007, la mission Venus Express a identifié sans équivoque les ondes en mode siffleur, qui sont des indicateurs caractéristiques de l'activité de la foudre. Leur apparition intermittente suggère une corrélation avec les conditions météorologiques atmosphériques. Sur la base de ces mesures, la fréquence des éclairs sur Vénus est estimée à au moins la moitié de celle observée sur Terre ; cependant, d'autres instruments n'ont pas réussi à détecter la foudre. L'origine précise de tout éclair reste ambiguë, bien que les sources potentielles incluent des nuages ​​atmosphériques ou une activité volcanique vénusienne.

En 2007, la mission Venus Express a révélé l'existence d'un important double vortex polaire atmosphérique situé au pôle sud de la planète. Par la suite, en 2011, Venus Express a découvert une couche d'ozone située en hauteur dans l'atmosphère vénusienne. En 2013, des scientifiques de l'Agence spatiale européenne (ESA) ont signalé que l'ionosphère de Vénus présentait un motif de flux vers l'extérieur, analogue à « la queue ionique vue d'une comète dans des conditions similaires ».

En décembre 2015, avec des observations supplémentaires en avril et mai 2016, des chercheurs impliqués dans la mission japonaise Akatsuki ont détecté des formations en forme d'arc dans l'atmosphère vénusienne. Ces observations ont été interprétées comme une preuve directe de la présence de ce qui pourrait être les plus grandes ondes de gravité stationnaires du système solaire.

La couleur et le son de l'atmosphère à la surface ont été documentés, révélant un ciel jaune orangé qui passe au blanc à des altitudes plus élevées.

Caractéristiques orbitales et rotation

Vénus maintient une distance orbitale moyenne d'environ 0,72 UA (108 millions de km ; 67 millions de mi) du Soleil, effectuant une orbite complète tous les 224,7 jours terrestres. La planète exécute 13 orbites en 7 998 ans, ce qui fait que sa position céleste revient presque tous les huit ans. Alors que toutes les orbites planétaires sont elliptiques, l’orbite actuelle de Vénus est remarquablement proche de la circulaire, présentant une excentricité inférieure à 0,01. Les simulations de la dynamique orbitale des premiers temps du système solaire suggèrent que l'excentricité de l'orbite de Vénus aurait pu être considérablement plus grande dans le passé, atteignant potentiellement des valeurs allant jusqu'à 0,31, ce qui aurait pu influencer son évolution climatique précoce.

Vénus présente une rotation rétrograde, ce qui signifie qu'elle tourne dans le sens des aiguilles d'une montre sur son axe, contrairement à la rotation dans le sens inverse des aiguilles d'une montre de la plupart des planètes, y compris la Terre, et à son propre mouvement orbital autour du Soleil. Par conséquent, un jour sidéral vénusien, s'étendant sur 243 jours terrestres, dépasse la durée d'une année vénusienne, qui est de 224,7 jours terrestres. Alors que le verrouillage des marées vers le Soleil entraînerait un jour sidéral égal à sa période orbitale (224,7 jours) avec une face constante dirigée vers le Soleil, l'atmosphère importante de Vénus et sa proximité avec le Soleil induisent une légère rotation rétrograde par chauffage atmosphérique différentiel. Ce phénomène entraîne également une fluctuation de la durée du jour pouvant aller jusqu'à 20 minutes. Les mesures effectuées par le vaisseau spatial Magellan sur 500 jours ont indiqué une période de rotation environ 6,5 minutes plus courte que celle déterminée sur l'intervalle de 16 ans entre les missions Magellan et Venus Express. En raison de cette rotation rétrograde, un jour solaire vénusien est considérablement plus court que son jour sidéral, qui dure 116,75 jours terrestres. Environ 1,92 jours solaires vénusiens constituent une année vénusienne. Pour un observateur à la surface de Vénus, le Soleil semblerait se lever à l'ouest et se coucher à l'est, bien que la couverture nuageuse dense et opaque de la planète empêche l'observation directe du Soleil depuis la surface.

L'état de rotation et l'obliquité actuels de Vénus peuvent avoir évolué à partir d'une configuration initiale au sein de la nébuleuse solaire, passant sur des milliards d'années en raison d'altérations chaotiques de rotation induites par des perturbations planétaires et de l'influence des marées sur son atmosphère substantielle. On suppose que la période de rotation de Vénus représente un équilibre entre la force décélératrice du verrouillage des marées sur la gravité du Soleil et l'effet accélérateur d'une marée atmosphérique générée par le chauffage solaire de son épaisse atmosphère. Bien que l'intervalle moyen de 584 jours entre les approches rapprochées successives de la Terre se rapproche étroitement de 5 jours solaires vénusiens (plus précisément 5,001444), la théorie d'une résonance spin-orbite avec la Terre a été réfutée.

Vénus ne possède pas de satellites naturels, bien qu'elle héberge plusieurs astéroïdes troyens, dont le quasi-satellite 524522 Zoozve et deux chevaux de Troie temporaires, 2001 CK32 et 2012 XE133. Historiquement, au 17ème siècle, Giovanni Cassini a documenté une prétendue lune en orbite autour de Vénus, nommée Neith, avec de nombreuses observations ultérieures rapportées au cours des 200 ans qui ont suivi ; cependant, la plupart de ces observations ont ensuite été identifiées comme étant des étoiles proches. Une étude réalisée en 2006 par Alex Alemi et David Stevenson du California Institute of Technology, modélisant le début du système solaire, suggère que Vénus possédait probablement autrefois au moins une lune, formée à la suite d'un impact colossal il y a des milliards d'années. Selon cette recherche, environ 10 millions d'années plus tard, un autre impact a inversé le sens de rotation de la planète. La décélération des marées qui a suivi a provoqué une spirale progressive de la lune vénusienne vers l’intérieur, pour finalement entrer en collision avec Vénus. Toutes les lunes ultérieures formées par des impacts auraient été éliminées de la même manière. Une hypothèse alternative pour l'absence de satellites postule que de puissantes marées solaires peuvent déstabiliser d'importants satellites en orbite autour des planètes terrestres intérieures.

Dans la trajectoire orbitale de Vénus, il existe un nuage d'anneaux de poussière, dont les origines hypothétiques sont attribuées soit aux astéroïdes traînant Vénus, à la migration ondulatoire de poussière interplanétaire, ou aux restes du disque circumstellaire primordial du système solaire à partir duquel le système planétaire s'est fusionné.

Caractéristiques orbitales par rapport à la Terre

La Terre et Vénus présentent une résonance quasi-orbitale, en particulier un rapport de 13 : 8, ce qui signifie que la Terre effectue huit orbites pour treize orbites de Vénus. Par conséquent, ils obtiennent une conjonction inférieure et des approches rapprochées à des périodes synodiques moyennes de 584 jours. Vue géocentriquement, la trajectoire de Vénus par rapport à la Terre trace un pentagramme sur cinq périodes synodiques, chaque période se décalant de 144°. Ce motif distinctif est parfois appelé « pétales de Vénus » en raison de sa ressemblance avec un motif floral.

Pendant la conjonction inférieure, lorsque Vénus est positionnée entre la Terre et le Soleil, elle atteint la plus grande proximité de la Terre de toutes les planètes, avec une séparation moyenne de 41 millions de km (25 millions de mi). Cependant, en raison de la diminution de l'excentricité de l'orbite terrestre, ces distances minimales devraient augmenter sur des dizaines de milliers d'années. Plus précisément, entre les années 1 et 5383, 526 approches à moins de 40 millions de km (25 millions de mi) se produisent, après quoi aucune approche de ce type n'est prévue avant environ 60 158 ans.

Bien que Vénus soit celle qui se rapproche le plus de la Terre au cours de son cycle orbital, Mercure maintient plus fréquemment la distance moyenne la plus proche de la Terre par rapport à toutes les autres planètes. De plus, Vénus a servi de point de passage crucial pour les manœuvres d'assistance gravitationnelle, une technique reconnue pour fournir une méthode de voyage interplanétaire plus rapide et plus économique vers des destinations telles que Mercure, le Soleil, les astéroïdes, Mars, Jupiter et au-delà.

En termes d'influence de marée, Vénus exerce la troisième force de marée la plus puissante sur Terre, après les effets gravitationnels de la Lune et du Soleil, bien qu'avec une ampleur considérablement moindre.

Observabilité

Lorsqu'elle est observée sans aide optique, Vénus se manifeste comme un point de lumière blanc brillant, atteignant une magnitude apparente maximale de −4,92, qui surpasse la luminosité de toutes les autres planètes et étoiles, à l'exclusion du Soleil. Même lors de son plus faible transit, sa magnitude apparente reste de −2,98. La magnitude apparente moyenne de la planète est enregistrée à −4,14, avec un écart type de 0,31. La luminosité maximale est observée pendant sa phase de croissant, environ un mois précédant ou suivant une conjonction inférieure. À l’inverse, Vénus diminue jusqu’à environ -3 de magnitude lorsqu’elle est éclairée par l’arrière du Soleil, bien que cette valeur précise dépende de l’angle de phase. La planète possède une luminosité suffisante pour être discernable en plein jour, mais elle est plus facilement visible lorsque le Soleil est bas sur l'horizon ou au crépuscule. En tant que planète inférieure, sa séparation angulaire du Soleil reste constamment à environ 47°.

Vénus dépasse périodiquement la Terre sur son orbite solaire environ tous les 584 jours. Au cours de cette période synodique, son apparition passe de « l'étoile du soir », visible après le coucher du soleil, à « l'étoile du matin », observable avant le lever du soleil. Alors que Mercure, l'autre planète inférieure, atteint un allongement maximum de seulement 28° et présente fréquemment des problèmes d'observation au crépuscule, Vénus est bien visible à sa luminosité maximale. Son allongement maximum plus important lui permet d'être visible dans un ciel sombre considérablement après le coucher du soleil. Par conséquent, en tant qu'objet céleste ressemblant à un point le plus lumineux, Vénus est souvent identifiée à tort comme un « objet volant non identifié ».

En raison de sa proximité avec la Terre lors des conjonctions inférieures et de l'inclinaison de son plan orbital par rapport à celui de la Terre, Vénus peut s'écarter de plus de 8° au nord ou au sud de l'écliptique, dépassant la déviation maximale de toute autre planète ou de la Lune. Environ tous les huit ans, vers mars, Vénus apparaît à son point le plus septentrional de l'écliptique, dans la constellation des Poissons (par exemple, mi-mars 2025). À l’inverse, tous les huit ans, en août ou septembre, elle atteint son extrémité sud en Vierge (par exemple fin août 2023). Cette caractéristique orbitale permet à Vénus d'être positionnée au nord du Soleil et ainsi d'être observable à la fois comme étoile du matin et comme étoile du soir le même jour dans l'hémisphère nord. Le moment de ces excursions vers le nord ou le sud change progressivement plus tôt dans l'année. Sur 30 cycles de ce type, s'étalant sur 240 ans, ce modèle est progressivement remplacé par un cycle alternatif décalé de trois ans, ce qui entraîne une quasi-répétition de la configuration initiale après 243 orbites terrestres et 395 orbites de Vénus.

Les occultations lunaires de Vénus, phénomènes dans lesquels la Lune obscurcit la planète du point de vue des observateurs dans des régions terrestres spécifiques, se produisent en moyenne environ deux fois par an, se manifestant parfois plusieurs fois au cours d'une même année, bien que rarement.

Phases

Pendant son orbite autour du Soleil, Vénus présente des phases analogues à celles de la Lune vue au télescope. La planète apparaît comme un petit disque « plein » lorsqu’elle est située du côté opposé du Soleil, une configuration connue sous le nom de conjonction supérieure. À son allongement maximal par rapport au Soleil, Vénus présente un disque plus grand et un « quart de phase », atteignant simultanément sa luminosité maximale dans le ciel nocturne. Lorsqu'elle traverse la face proche entre la Terre et le Soleil, la planète affiche un « croissant » beaucoup plus grand et mince dans les observations télescopiques. Vénus atteint sa taille apparente maximale et sa « nouvelle phase » lorsqu'elle est positionnée directement entre la Terre et le Soleil, un état appelé conjonction inférieure. Son atmosphère devient perceptible grâce aux télescopes sous la forme d'un halo de lumière solaire réfractée. Ces phases sont distinctement observables avec un télescope de 4 pouces. Bien que la visibilité à l'œil nu des phases de Vénus reste un sujet de débat, des récits historiques documentent des observations de son croissant.

Apparitions à la lumière du jour

Dans des conditions de luminosité suffisante et de séparation angulaire adéquate du Soleil, Vénus peut être facilement observée dans un ciel clair de jour sans aide optique, bien que la sensibilisation du public à ce phénomène soit limitée. En 1716, l'astronome Edmund Halley a calculé sa luminosité maximale à l'œil nu, un événement qui aurait alarmé de nombreux Londoniens en raison de sa visibilité diurne. Historiquement, l'empereur français Napoléon Bonaparte a observé une apparition diurne de la planète lors d'une réception au Luxembourg. Une autre observation diurne notable s'est produite lors de l'investiture du président américain Abraham Lincoln à Washington, D.C., le 4 mars 1865.

Transits

Un transit de Vénus est un phénomène par lequel Vénus passe directement devant le Soleil lors d'une conjonction inférieure. En raison de la légère inclinaison de l'orbite de Vénus par rapport au plan orbital de la Terre, la plupart des conjonctions inférieures avec la Terre, qui se produisent environ tous les 1,6 ans (une période synodique), n'entraînent pas de transit. Par conséquent, les transits de Vénus sont peu fréquents, se produisant uniquement lorsqu'une conjonction inférieure coïncide avec le passage de Vénus et de la Terre sur le plan de l'écliptique, généralement pendant des périodes spécifiques en juin ou décembre. Cet alignement orbital conduit à une séquence caractéristique de transits, actuellement espacés par des intervalles de 8 ans, 105,5 ans, 8 ans et 121,5 ans, qui forment collectivement un cycle récurrent d'environ 243 ans.

Historiquement, les transits de Vénus avaient une importance scientifique significative, car ils ont permis aux astronomes de calculer précisément l’unité astronomique (UA) et, par extension, l’échelle du système solaire. Cette méthodologie a notamment été démontrée par Jeremiah Horrocks en 1639, qui a mené la première observation documentée d'un transit de Vénus, suite au premier transit planétaire (de Mercure) enregistré en 1631.

Depuis que les calculs de Johannes Kepler ont prédit leurs occurrences en 1621, seuls sept transits de Vénus ont été observés avec succès à ce jour. Une expédition notable a impliqué le capitaine Cook, qui s'est rendu à Tahiti en 1768 pour documenter le troisième transit observé de Vénus, une entreprise qui a finalement contribué à l'exploration de la côte est de l'Australie.

Les deux transits les plus récents ont eu lieu le 8 juin 2004 et les 5 et 6 juin 2012. Ces événements étaient largement accessibles, visibles en direct via de nombreuses plateformes en ligne ou directement observables depuis des points d'observation locaux avec un équipement approprié et des conditions favorables. Les deux transits précédents ont eu lieu en décembre 1874 et décembre 1882.

Les transits suivants devraient se produire en décembre 2117 et décembre 2125.

Lumière cendrée

Parmi les énigmes persistantes de l'astronomie vénusienne se trouve le phénomène connu sous le nom de lumière cendrée, caractérisé par une faible illumination perçue de la face nocturne de la planète pendant sa phase de croissant. Bien que la première observation présumée de cette lumière remonte à 1643, son existence réelle n’est toujours pas confirmée par des preuves scientifiques solides. Les hypothèses concernant son origine incluent l'activité électrique dans l'atmosphère vénusienne ; cependant, il s'agit également d'une illusion d'optique, résultant potentiellement de la réponse physiologique de l'œil humain lors de l'observation d'un corps céleste lumineux en forme de croissant. Les observations de la lumière cendrée coïncident fréquemment avec l'apparition de Vénus dans le ciel du soir, en particulier lorsque le terminateur du soir de la planète est orienté vers la Terre.

Historique d'observation et d'exploration

Premières observations

Vénus est suffisamment lumineuse dans le ciel terrestre pour être discernable sans aide optique, établissant ainsi son statut de planète classique reconnue et documentée par les cultures humaines à travers l'histoire. Il s'agit notamment du troisième objet céleste le plus brillant visible depuis la Terre, après le Soleil et la Lune. En raison de son mouvement apparemment discontinu – disparaissant pendant de longues périodes à proximité du Soleil et réapparaissant ensuite à l’horizon opposé – certaines premières cultures percevaient initialement Vénus non pas comme un corps céleste singulier, mais plutôt comme deux étoiles distinctes : l’étoile du matin et l’étoile du soir. Cependant, des preuves archéologiques, notamment un sceau-cylindre de la période Jemdet Nasr et la tablette de Vénus d'Ammisaduqa de la première dynastie babylonienne, suggèrent que les anciens Sumériens avaient déjà identifié les étoiles du matin et du soir comme une seule entité astronomique.

Pendant la période babylonienne ancienne, Vénus était désignée Ninsi'anna, un nom remplacé plus tard par Dilbat. L'appellation « Ninsi'anna » se traduit par « dame divine, illumination du ciel », signifiant l'importance de Vénus en tant qu'« étoile visible » la plus lumineuse. Les orthographes antérieures de ce nom incorporaient le signe cunéiforme si4 (= SU, signifiant « être rouge »), suggérant une interprétation originale comme « la divine dame de la rougeur du ciel », faisant probablement référence aux teintes caractéristiques des cieux de l'aube et du crépuscule.

Historiquement, la nomenclature astronomique chinoise distinguait Vénus en fonction de son apparence : la Vénus du matin était appelée "la Grande Blanche" (Tàibái 太白) ou "l'ouvreur de luminosité" (Qǐmíng 啟明), tandis que Vénus du soir était appelée "l'Excellente Occidentale" (Chánggēng 長庚).

Les anciens Grecs percevaient initialement Vénus comme deux corps célestes distincts : Phosphore, l'étoile du matin, et Hespérus, l'étoile du soir. Pline l'Ancien attribuait l'identification de ces éléments comme une entité singulière à Pythagore au VIe siècle avant JC, tandis que Diogène Laërtius affirmait que Parménide, actif au début du Ve siècle, avait probablement fait cette découverte. Bien qu'ils reconnaissent Vénus comme un corps céleste unifié, les anciens Romains maintenaient des appellations distinctes pour sa manifestation matinale, Lucifer (qui signifie « Porteur de Lumière ») et sa manifestation nocturne, Vespérale. Les deux noms romains sont des traductions directes de leurs homologues grecs traditionnels respectifs.

Au cours du deuxième siècle, dans son traité d'astronomie Almageste, Ptolémée postulait que Mercure et Vénus tournaient entre le Soleil et la Terre. L'astronome perse du XIe siècle, Avicenne, aurait observé un transit de Vénus, bien que cette affirmation reste sujette à un débat scientifique. Les astronomes ultérieurs ont interprété cette observation comme une corroboration de l'hypothèse de Ptolémée. Au XIIe siècle, l'astronome andalou Ibn Bajjah a documenté « deux planètes comme des points noirs sur la face du Soleil ». L'astronome Maragha du XIIIe siècle, Qotb al-Din Shirazi, a spéculé plus tard que ces observations représentaient des transits de Vénus et Mercure ; cependant, cette interprétation est manifestement incorrecte, car aucun transit de Vénus n'a eu lieu du vivant d'Ibn Bajjah. De nombreuses observations de transit présumées par des astronomes islamiques médiévaux ont ensuite été identifiées comme étant des taches solaires.

Observations astronomiques modernes de Vénus

Lors de sa première observation télescopique en décembre 1610 par le physicien italien Galileo Galilei, Vénus présentait des phases analogues à celles de la Lune, passant du croissant au gibbeux puis au plein et vice versa. Plus précisément, lorsque Vénus est à sa séparation angulaire maximale du Soleil, elle affiche une phase semi-illuminée ; à l’inverse, lorsqu’elle est la plus proche du Soleil dans le ciel, elle apparaît sous la forme d’un croissant ou d’une phase complète. Galilée a rapporté dans son ouvrage de 1613, *Lettres sur les taches solaires*, que ce phénomène n'était explicable que si Vénus tournait autour du Soleil, constituant ainsi l'une des premières observations empiriques à remettre en question sans équivoque le modèle géocentrique de Ptolémée, qui postulait un système solaire concentrique centré sur la Terre.

Bien que non enregistré, le transit de Vénus en 1631 a marqué le premier événement de ce type à être prédit avec succès, un exploit accompli. par Johannes Kepler à travers des calculs publiés en 1629. Par la suite, le transit de Vénus de 1639 fut précisément prévu par Jeremiah Horrocks et observé indépendamment par lui et son collègue William Crabtree, depuis leurs résidences respectives le 4 décembre 1639 (correspondant au 24 novembre dans le calendrier julien alors en usage).

L'atmosphère vénusienne a été identifiée pour la première fois en 1761 par le mathématicien russe Mikhaïl Lomonossov. D'autres observations de l'atmosphère de Vénus ont été réalisées en 1790 par l'astronome allemand Johann Schröter. Schröter a noté que lorsque la planète apparaissait comme un mince croissant, ses cuspides s'étendaient au-delà de 180 degrés. Il en a déduit avec précision que ce phénomène résultait de la diffusion de la lumière solaire au sein d’une atmosphère dense. Par la suite, l'astronome américain Chester Smith Lyman a observé un anneau lumineux complet encerclant le membre sombre de la planète lors d'une conjonction inférieure, offrant une corroboration supplémentaire de la présence d'une atmosphère. L'existence de cette atmosphère a entravé les tentatives visant à déterminer la période de rotation de la planète, conduisant des observateurs tels que l'astronome d'origine italienne Giovanni Cassini et Schröter à estimer à tort des périodes d'environ 24 heures sur la base des mouvements perçus des marques de surface.

Progrès de l'astronomie vénusienne au début du XXe siècle

Les nouvelles découvertes significatives concernant Vénus sont restées limitées jusqu'à l'avènement du 20e siècle. Le disque en grande partie sans relief de la planète n'offrait aucun indice perceptible sur les caractéristiques de sa surface ; par conséquent, de nouvelles informations n'ont été dévoilées que grâce à la progression des techniques d'observation spectroscopiques et ultraviolettes.

Des observations pionnières dans l'ultraviolet ont été menées dans les années 1920 par Frank E. Ross, qui a déterminé que l'imagerie ultraviolette révélait des détails atmosphériques substantiels non apparents dans les longueurs d'onde visibles ou infrarouges. Ross a proposé que ces caractéristiques résultaient d'une basse atmosphère jaune et dense recouverte de cirrus de haute altitude.

Les observations avaient indiqué une absence d'aplatissement perceptible dans le disque de Vénus, ce qui implique une période de rotation lente. Cela a conduit certains astronomes à conclure que Vénus était verrouillée par les marées, un état alors également attribué à Mercure. Cependant, d'autres chercheurs avaient identifié une émission thermique importante provenant de la face nocturne de la planète, ce qui suggérait une rotation rapide (bien que des températures de surface élevées n'aient pas été alors émises), compliquant ainsi la compréhension dominante. Des recherches ultérieures menées dans les années 1950 ont définitivement établi que la rotation de Vénus est rétrograde.

Missions spatiales initiales vers Vénus

La première tentative de vol spatial interplanétaire a eu lieu en 1961 avec le lancement de la sonde robotique Venera 1, qui fait partie du programme soviétique Venera, vers Vénus ; cependant, la communication a été perdue pendant son transit.

Le programme Mariner des États-Unis a réalisé la première mission interplanétaire réussie avec Mariner 2, qui a dépassé Vénus le 14 décembre 1962, à une altitude de 34 833 km (21 644 mi) au-dessus de la surface, collectant des données atmosphériques.

De plus, les observations radar de Vénus ont commencé dans les années 1960, donnant les premières mesures de sa période de rotation, qui se rapprochait beaucoup de la durée réelle.

Lancé en 1966, Venera 3 est devenu la première sonde et atterrisseur fabriqués par l'homme à atteindre et à percuter un corps céleste au-delà de la Lune ; cependant, il n'a pas réussi à transmettre de données après s'être écrasé sur la surface de Vénus. Par la suite, en 1967, Venera 4 a été déployée, menant avec succès des expériences scientifiques dans l'atmosphère vénusienne avant son impact. Les données de Venera 4 ont indiqué une température de surface approchant les 500 °C (932 °F), dépassant les estimations de Mariner 2, et ont établi que l'atmosphère était composée à 95 % de dioxyde de carbone (CO
§1415§
), et a révélé une densité atmosphérique nettement supérieure à celle projetée par les concepteurs de la Venera 4.

Démontrant les premières coopérations spatiales, les données de Venera 4 a été intégré aux informations de la mission Mariner 5 de 1967, qui ont été analysées par une équipe scientifique conjointe soviéto-américaine au cours d'une série de colloques organisés tout au long de l'année suivante.

Le 15 décembre 1970, Venera 7 a obtenu la distinction d'être le premier vaisseau spatial à effectuer un atterrissage en douceur sur une autre planète et à transmettre avec succès des données de sa surface vers la Terre.

En 1974, Mariner 10 a effectué un survol de Vénus pour modifier sa trajectoire vers Mercure, capturant des images ultraviolettes des nuages qui ont dévoilé des vitesses de vent exceptionnellement élevées dans l'atmosphère vénusienne. Cette manœuvre représentait la première application d'une assistance gravitationnelle interplanétaire, une technique adoptée par la suite par de nombreuses sondes.

Au cours des années 1970, les observations radar ont fourni les premiers aperçus détaillés de la surface vénusienne. Des impulsions d'ondes radio ont été dirigées vers la planète à l'aide du radiotélescope de 300 m (1 000 pieds) de l'observatoire d'Arecibo, et les échos résultants ont identifié deux zones hautement réfléchissantes, appelées régions Alpha et Bêta. Ces observations ont également mis au jour une zone montagneuse lumineuse, désignée par la suite Maxwell Montes. Ces trois formations restent les seules formations géologiques nommées sur Vénus ne portant pas d'appellations féminines.

En 1975, les atterrisseurs soviétiques Venera 9 et 10 ont transmis avec succès les premières images en noir et blanc depuis la surface de Vénus. Parallèlement, la NASA a acquis des données supplémentaires grâce à son projet Pioneer Venus, qui comprenait deux missions distinctes : le Pioneer Venus Multiprobe et le Pioneer Venus Orbiter, tous deux opérant en orbite vénusienne de 1978 à 1992. En 1982, les atterrisseurs soviétiques Venera 13 et 14 ont capturé les premières images monochromes filtrées en couleur de la surface. Suite aux opérations orbitales de Venera 15 et 16 entre 1983 et 1984, qui ont méticuleusement cartographié 25 % du terrain de Vénus (du pôle nord à 30° de latitude nord), le programme soviétique Venera a pris fin.

Le programme soviétique Vega, à travers ses missions Vega 1 et Vega 2 en 1985, a déployé les dernières sondes d'entrée et a introduit les premiers aérobots extraterrestres, qui ont réalisé un vol atmosphérique au-delà de la Terre à l'aide de ballons gonflables.

De 1990 à 1994, Magellan a tourné autour de Vénus, cartographiant méticuleusement sa surface avant sa désorbite. De plus, des sondes telles que Galileo (1990) et Cassini-Huygens (1998/1999) ont effectué des survols de Vénus alors qu'elles étaient en route vers leurs destinations principales.

Exploration renouvelée

En avril 2006, la première mission dédiée à Vénus de l'Agence spatiale européenne (ESA), Venus Express, est entrée avec succès en orbite autour de la planète. Venus Express a ensuite livré des observations sans précédent de l'atmosphère de Vénus. L'ESA a conclu la mission Venus Express en décembre 2014, avec une désorbite ayant eu lieu en janvier 2015. Au cours de la même année et l'année suivante, MESSENGER a effectué des survols de Vénus tout en se dirigeant vers d'autres cibles.

En 2010, IKAROS, le premier vaisseau spatial interplanétaire à voile solaire réussi, a exécuté un survol de Vénus.

De 2015 à En 2024, la sonde japonaise Akatsuki a maintenu ses opérations actives sur l'orbite vénusienne, tandis que BepiColombo a effectué des survols en 2020 et 2021.

Missions actives et planifiées

Actuellement, aucune sonde active n'est opérationnelle sur Vénus ; cependant, la sonde solaire Parker devrait effectuer plusieurs survols aller-retour de la planète jusqu'en 2030.

De nombreuses sondes sont actuellement en cours de développement, parallèlement à plusieurs missions proposées qui restent dans leurs phases conceptuelles préliminaires. Le Venus Life Finder est la prochaine mission programmée vers Vénus, son lancement étant prévu au plus tôt à l'été 2026.

L'Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) développe la mission Venus Orbiter, avec pour objectif un lancement en 2028. Parallèlement, la mission MBR Explorer des Émirats arabes unis, une mission astéroïde, effectuera un survol de Vénus. La NASA a autorisé deux missions, VERITAS et DAVINCI, dont le lancement est prévu au plus tôt en 2031. L'Agence spatiale européenne (ESA) a également l'intention de lancer sa mission EnVision en 2031.

Un projet collaboratif entre le MIT et Rocket Lab vise à déployer le premier vaisseau spatial interplanétaire privé, proposant de rechercher des composés organiques en entrant dans l'atmosphère vénusienne avec une sonde appelée Venus Life Finder.

Objectifs de recherche

Vénus a été désignée comme sujet critique pour de futures recherches, offrant un aperçu de :

Conceptualisations des missions avec équipage

Depuis les années 1960, Vénus a été conceptualisée comme un point de cheminement intermédiaire pour les missions avec équipage sur Mars, utilisant des trajectoires de classe opposition avec des survols assistés par gravité de Vénus, plutôt que des missions de conjonction directe. Cette approche devrait offrir un transit plus rapide et plus sûr vers Mars, des fenêtres de vol de retour ou d'interruption améliorées et une exposition aux rayonnements comparable ou réduite par rapport aux vols directs sur Mars.

Potentiel d'habitation atmosphérique

Bien que les conditions à la surface de Vénus soient exceptionnellement hostiles, la pression atmosphérique, la température et les niveaux de rayonnement solaire et cosmique à environ 50 km au-dessus de la surface sont comparables à ceux trouvés à la surface de la Terre, présentant des « conditions clémentes ». Un défi technique important pour toute présence humaine dans l’atmosphère vénusienne consiste à atténuer les effets corrosifs de l’acide sulfurique. Les aérostats, conçus pour l'exploration en équipage et potentiellement pour les « villes flottantes » permanentes dans l'atmosphère vénusienne, ont été proposés comme alternative au concept conventionnel d'habitation de surfaces planétaires comme Mars. Le concept opérationnel HAVOC (High Altitude Venus Operational Concept) de la NASA a spécifiquement exploré la conception d'un aérostat avec équipage en tant qu'initiative de formation.

Potentiel de vie extraterrestre

Bien que les conditions de surface de Vénus ne soient plus propices à la vie de type terrestre qui aurait pu apparaître avant des changements planétaires importants, des spéculations persistent concernant l'existence potentielle de vie dans les couches nuageuses supérieures de la planète. À environ 50 km (30 mi) au-dessus de la surface, ces régions atmosphériques présentent les conditions les plus semblables à celles de la Terre dans le système solaire, caractérisées par des températures comprises entre 303 et 353 K (30 à 80 °C ; 86 à 176 °F) et des niveaux de pression et de rayonnement similaires à ceux de la surface de la Terre, malgré la présence de nuages ​​​​acides et d'une atmosphère riche en dioxyde de carbone. Plus précisément, les altitudes comprises entre 48 et 59 km offrent des environnements de température et de rayonnement appropriés à la vie, tandis que l'eau s'évaporerait à des altitudes plus basses et que le rayonnement ultraviolet serait excessivement intense à des altitudes plus élevées.

Les spéculations concernant la possibilité d'une vie sur la surface de Vénus ont diminué considérablement après le début des années 1960, suite à la prise de conscience que ses conditions environnementales étaient profondément extrêmes par rapport à celles de la Terre. Les températures intenses et la pression atmosphérique de la planète rendent improbable la vie aquatique, telle qu'elle est actuellement comprise.

Certains scientifiques ont émis l'hypothèse de l'existence de micro-organismes extrémophiles thermoacidophiles dans les couches supérieures plus froides et acides de l'atmosphère vénusienne. Ces conjectures remontent à 1967, lorsque Carl Sagan et Harold J. Morowitz proposaient dans un article de Nature que de minuscules objets observés dans les nuages de Vénus pourraient représenter des organismes analogues aux bactéries terrestres, compte tenu de leur taille comparable :

Bien que les conditions de la surface de Vénus rendent l'hypothèse d'une vie invraisemblable, ses couches nuageuses présentent un scénario distinct. Comme indiqué précédemment, l'eau, le dioxyde de carbone et la lumière du soleil, conditions préalables essentielles à la photosynthèse, sont abondants à proximité des nuages.

En août 2019, des astronomes dirigés par Yeon Joo Lee ont identifié un modèle à long terme de variations de l'absorbance atmosphérique et de l'albédo sur Vénus, attribuant ces effets climatiques à des « absorbeurs inconnus », des composés potentiellement chimiques ou de vastes colonies microbiennes situées à haute altitude. Les caractéristiques d’absorption spectrale de ces entités ressemblent beaucoup à celles des micro-organismes trouvés dans les nuages ​​terrestres. Cette découverte est corroborée par d'autres enquêtes indépendantes.

En septembre 2020, la détection hypothétique d'une raie d'absorption de phosphine dans l'atmosphère vénusienne, un gaz non généré de manière conventionnelle par des processus chimiques connus à la surface de la planète ou dans son atmosphère, a suscité des conjectures concernant la présence potentielle de vie existante. Des investigations ultérieures ont cependant réinterprété cette signature spectroscopique comme étant du dioxyde de soufre ou, alternativement, ont conclu qu'aucune raie d'absorption de ce type n'était présente.

Protection planétaire

Compte tenu de l'environnement de surface extrêmement hostile de Vénus, la planète a été classée dans la catégorie de protection planétaire deux, qui est la deuxième désignation la plus basse. Cette classification implique une probabilité minime que la contamination interplanétaire transportée par les engins spatiaux puisse compromettre les investigations scientifiques.

Néanmoins, l'identification de biosignatures potentielles a incité à réévaluer cette catégorisation pour des strates atmosphériques spécifiques ; cependant, comme ces couches n'ont pas été définitivement établies comme étant suffisamment hospitalières pour la vie, une révision de la classification n'a pas encore été conseillée.

Dans la culture

En tant que l'un des objets célestes les plus remarquables du ciel nocturne, Vénus a eu une importance culturelle significative, figurant en bonne place dans la mythologie, l'astrologie et la fiction de nombreuses civilisations.

De nombreux hymnes vénèrent Inanna en sa qualité de déesse associée à la planète Vénus. Le professeur de théologie Jeffrey Cooley postule que les mouvements mythologiques d'Inanna s'alignent fréquemment sur la trajectoire céleste observée de Vénus. Le mouvement discontinu distinctif de la planète est donc lié à la fois aux récits mythologiques et au caractère dualiste inhérent à Inanna. Notamment, dans La Descente d'Inanna aux Enfers, elle possède la capacité unique parmi les divinités de traverser le monde souterrain et de remonter ensuite vers les cieux. Ce récit reflète la trajectoire céleste apparente de Vénus, qui descend à l’ouest puis réapparaît à l’est. Un premier hymne dépeint le départ d'Inanna des cieux vers Kur, interprété comme des régions montagneuses, symbolisant ainsi son coucher et son ascension vers l'ouest. Inanna et Shukaletuda et La Descente d'Inanna aux enfers présentent des éléments narratifs parallèles au mouvement astronomique de Vénus. Dans Inanna et Shukaletuda, Shukaletuda est représenté observant les cieux à la poursuite d'Inanna, scrutant potentiellement les horizons est et ouest. De plus, dans le même mythe, les mouvements d'Inanna lors de sa recherche de son assaillant correspondent aux mouvements célestes de Vénus.

Influencés par l'astronomie mésopotamienne, il est plausible que les anciens Égyptiens et les Grecs aient reconnu l'identité des étoiles du matin et du soir comme un seul corps céleste dès le deuxième millénaire avant notre ère, ou au plus tard, à la Basse Époque. Les Égyptiens appelaient l'étoile du matin Tioumoutiri et l'étoile du soir comme Ouaiti. Initialement, Vénus était représentée comme un phénix ou un héron, appelé « le croiseur » ou « l'étoile avec des croix », et associé à Osiris. Par la suite, elle fut représentée comme bicéphale (à tête humaine ou de faucon) et liée à Horus, fils d'Isis, qui fut ensuite identifié à Aphrodite aux côtés d'Hathor à l'époque hellénistique. Les Grecs désignaient l'étoile du matin comme Phōsphoros, signifiant « apporteur de lumière » (la source étymologique de l'élément phosphore), ou bien Ēōsphoros, signifiant « celui qui apporte l'aube ». L'étoile du soir s'appelait Hesperos, ce qui signifie « l'étoile occidentale ». Tous deux étaient considérés comme des descendants d’Eos, la déesse de l’aube, et donc des petits-enfants d’Aphrodite. À l'époque romaine, bien qu'elles soient reconnues comme un corps céleste singulier, « l'étoile de Vénus », les deux appellations grecques traditionnelles persistaient, généralement rendues en latin par Lucifer et Vesper.

Poètes classiques, dont Homère, Sappho, Ovide et Virgile faisaient fréquemment référence à l’étoile et à sa luminosité dans leurs œuvres. Des poètes ultérieurs, tels que William Blake, Robert Frost, Letitia Elizabeth Landon, Alfred Lord Tennyson et William Wordsworth, composèrent des odes dédiées à Vénus. Le compositeur Gustav Holst a notamment incorporé Vénus comme deuxième mouvement de sa suite orchestrale, Les Planètes.

En Inde, la désignation sanskrite de Vénus était Shukra Graha, qui se traduit par « la planète Shukra », faisant référence à un saint puissant. Dans l'astrologie védique, le terme sanskrit Shukra signifie « clair, pur » ou « luminosité, clarté ». En tant que l'un des neuf Navagraha, on pense qu'il influence la richesse, le plaisir et la reproduction. Shukra a été identifié comme le fils de Bhrgu, le précepteur des Daityas et le gourou des Asuras.

L'appellation anglaise Vénus vient des anciens Romains, qui donnaient à la planète le nom de leur déesse de l'amour. Cette divinité romaine est dérivée de l'ancienne déesse grecque de l'amour Aphrodite, qui, à son tour, a été influencée par la déesse sumérienne comparable Inanna (connue sous le nom d'Ishtar dans la religion akkadienne). Toutes ces déesses étaient historiquement liées à la planète. Le jour de la semaine associé à la planète et à ces déesses est le vendredi, qui doit son nom à la déesse germanique Frigg, elle-même connectée à la déesse romaine Vénus.

En chinois, la planète est désignée par étoile de métal ou étoile d'or (金星 ; Jīnxīng). Cette nomenclature reflète l'association historique de Vénus avec le métal, l'un des cinq éléments de la philosophie traditionnelle chinoise. Ces traditions linguistiques et philosophiques persistent dans les cultures modernes chinoises, japonaises, coréennes et vietnamiennes, où le nom de la planète se traduit littéralement par « étoile de métal » (金星) dans chaque langue respective.

La civilisation maya considérait Vénus comme l'entité céleste la plus importante après le Soleil et la Lune. Ils l'appelaient Chac ek ou Noh Ek', ce qui signifie « la Grande Étoile ». Les cycles vénusiens avaient une importance considérable dans leurs systèmes calendaires et étaient documentés dans divers textes, notamment le Codex Maya du Mexique et le Codex de Dresde. Notamment, le drapeau du Chili, connu sous le nom de Estrella Solitaria (« Étoile solitaire »), présente une représentation de Vénus.

Culture contemporaine

La couverture nuageuse vénusienne dense et impénétrable a fourni aux auteurs de science-fiction une grande latitude pour émettre des hypothèses sur les conditions de la surface, en particulier compte tenu des premières observations indiquant la taille de la planète, semblable à celle de la Terre, et son atmosphère importante. Située plus près du Soleil que de la Terre, Vénus était souvent décrite comme plus chaude tout en restant potentiellement habitable pour les humains. Ce genre a connu son apogée entre les années 1930 et 1950, période où la compréhension scientifique avait dévoilé certaines caractéristiques de Vénus mais pas encore les sévères réalités de son environnement de surface. Les découvertes des missions initiales sur Vénus ont révélé une réalité très différente, concluant ainsi ce genre spécifique. Au fur et à mesure que les connaissances scientifiques sur Vénus progressaient, les auteurs de science-fiction tentaient de s'adapter, notamment en postulant des efforts humains pour terraformer la planète.

Symbolisme

Le symbole astronomique de Vénus, un cercle surmonté d'une petite croix, est largement connu sous le nom de symbole de Vénus. Originaire des traditions grecques antiques, ce symbole représente largement la féminité et a été adopté en biologie comme symbole de genre pour les femmes, analogue au symbole de Mars pour les hommes et parfois au symbole de Mercure pour les hermaphrodites. L’association de genre entre Vénus et Mars a été utilisée dans des contextes hétéronormatifs pour caractériser les femmes et les hommes comme fondamentalement distincts, dans la mesure où ils sont métaphoriquement décrits comme originaires de planètes différentes. Ce concept a notamment été popularisé en 1992 par le livre intitulé Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus.

Dans l'alchimie occidentale, le symbole de Vénus désignait également l'élément cuivre, parallèlement à la représentation du mercure dans le symbole de Mercure. Étant donné que le cuivre poli servait de matériau pour les miroirs depuis l'Antiquité, le symbole de Vénus est parfois appelé « miroir de Vénus », symbolisant le miroir de la déesse. Cependant, cette origine étymologique a été largement discréditée car improbable.

Au-delà du symbole principal de Vénus, de nombreux autres emblèmes ont été historiquement liés à Vénus. Parmi ceux-ci, le croissant et, notamment, l'étoile, illustrée par l'étoile d'Ishtar, sont les plus importants.

Références

O'Rourke, Joseph G. ; Wilson, Colin F. ; Borrelli, Madison E. ; Byrne, Paul K. ; Dumoulin, Caroline; Ghaïl, Richard ; Gülcher, Anna JP ; Jacobson, Seth A. ; Korablev, Oleg ; Spohn, Tilman ; Way, MJ ; Weller, Matt ; Westall, Frances (6 février 2023). "Vénus, la planète : introduction à l'évolution de la planète sœur de la Terre." Revues des sciences spatiales. 219 (1) : 10. Bibcode : 2023SSRv..219...10O. est ce que je:10.1007/s11214-023-00956-0. hdl :20.500.11850/598198.

Çavkanî: Arşîva TORÎma Akademî

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Qu’est-ce que Vénus ?

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